L’affaire du « tueur de l’Oise » a marqué la France à la fin des années 1970. Ce fait divers glaçant a inspiré le film « La prochaine fois je viserai le cœur », réalisé par Cédric Anger en 2014. Plongeons dans les méandres de cette histoire vraie qui a secoué tout un département et analysons comment elle a été portée à l’écran.
Le loup dans la bergerie : l’histoire vraie d’Alain Lamare
Entre 1978 et 1979, l’Oise est le théâtre d’une série de crimes qui sèment la terreur parmi la population. Le coupable ? Un jeune gendarme de 23 ans nommé Alain Lamare. Sa particularité ? Il mène une double vie, enquêtant sur ses propres méfaits.
Le modus operandi de Lamare est aussi cruel que précis :
- Il cible principalement des jeunes auto-stoppeuses
- Il commet un meurtre et plusieurs tentatives d’assassinat
- Il envoie des lettres de menaces à la police
Ces actes créent une véritable psychose dans le département. Les habitants vivent dans la crainte, ne sachant pas quand ni où le tueur frappera à nouveau. L’ironie macabre de la situation réside dans le fait que le criminel est censé être celui qui protège la population.
La signature du tueur devient rapidement célèbre. Il termine ses missives par la phrase qui donnera son titre au film : « La prochaine fois je viserai le cœur ». Cette menace glaciale reflète la détermination et la froideur du criminel, ajoutant une dimension psychologique terrifiante à l’affaire.
Le jeu du chat et de la souris : l’enquête et l’arrestation
Pendant des mois, Alain Lamare joue un double jeu périlleux. D’un côté, il participe activement à l’enquête en tant que gendarme. De l’autre, il continue ses agissements criminels, défiant ouvertement les forces de l’ordre.
Ce jeu du chat et de la souris prend fin en avril 1979. La diffusion d’un portrait robot permet enfin l’arrestation du tueur. La révélation de son identité provoque un choc dans l’opinion publique. Comment un serviteur de la loi a-t-il pu commettre de tels actes ?
L’affaire prend un tournant inattendu lors de l’expertise psychiatrique. En 1983, Alain Lamare est déclaré irresponsable de ses actes. Cette décision soulève de nombreuses questions :
- Comment un individu jugé irresponsable a-t-il pu exercer la fonction de gendarme ?
- Quelles failles dans le système ont permis à Lamare d’échapper si longtemps aux soupçons ?
- La justice a-t-elle rendu un verdict équitable pour les victimes et leurs familles ?
Cette conclusion judiciaire laisse un goût amer. Alain Lamare n’a jamais été jugé pour ses crimes, alimentant les débats sur la responsabilité pénale et la santé mentale des criminels.

Du fait divers au grand écran : « La prochaine fois je viserai le cœur »
En 2014, le réalisateur Cédric Anger s’empare de cette histoire vraie pour en faire un long-métrage. Le film « La prochaine fois je viserai le cœur » s’inspire directement de l’affaire Alain Lamare, tout en prenant certaines libertés artistiques.
Le casting du film est remarquable :
| Acteur | Rôle |
|---|---|
| Guillaume Canet | Le gendarme tueur |
| Ana Girardot | Rôle principal féminin |
La performance de Guillaume Canet est particulièrement saluée par la critique. L’acteur livre une interprétation inquiétante et convaincante du gendarme tueur, capturant la dualité troublante du personnage.
Le film s’appuie sur le livre « Un Assassin au-dessus de tout soupçon » d’Yves Stefanovitch et Martine Laroche. Il plonge le spectateur dans l’atmosphère oppressante de la fin des années 70 dans l’Oise, recréant avec précision le contexte de l’époque.
La réalisation de Cédric Anger est décrite comme nerveuse et efficace. Elle maintient une tension constante tout au long du film, reflétant l’angoisse vécue par la population de l’Oise durant cette période sombre. Le long-métrage étudie en profondeur la psychologie complexe et dérangée du personnage principal, offrant un portrait glaçant d’un tueur en série.
L’impact durable d’une affaire hors norme
L’affaire Alain Lamare et son adaptation cinématographique soulèvent de nombreuses questions sur la nature humaine et le fonctionnement de notre société. Elles nous confrontent à des réalités dérangeantes :
- La possibilité qu’un criminel se cache parmi ceux censés nous protéger
- Les limites de notre système judiciaire face à des cas psychiatriques complexes
- La fascination du public pour les faits divers macabres
Le film « La prochaine fois je viserai le cœur » participe à maintenir vivace le souvenir de cette affaire. Il permet aux nouvelles générations de découvrir ce chapitre sombre de l’histoire criminelle française, tout en suscitant la réflexion sur des thématiques toujours d’actualité.
L’histoire vraie d’Alain Lamare continue de hanter l’imaginaire collectif. Elle nous rappelle que parfois, la réalité dépasse la fiction en termes d’horreur et de complexité. Le cas du « tueur de l’Oise » reste un exemple frappant de la dualité qui peut exister au sein d’un même individu, entre le protecteur et le prédateur.