Pedro Alonso López, surnommé « Le Monstre des Andes », incarne l’une des figures criminelles les plus terrifiantes de l’histoire moderne.
- Ce tueur en série aurait assassiné plus de 300 enfants à travers la Colombie, l’Équateur et le Pérou dans les années 1970-1980.
- Son enfance traumatique, marquée par des abus sexuels répétés, a façonné sa psychologie déviante.
- Après seulement 16 ans de prison en Équateur puis un bref internement psychiatrique, il fut libéré en 1998 contre une caution de 50 dollars.
- Sa localisation actuelle reste inconnue, suscitant la crainte qu’il ait pu reprendre ses activités meurtrières comme il l’avait promis.
Pedro Alonso López, surnommé « Le Monstre des Andes », représente l’une des figures les plus terrifiantes de l’histoire criminelle mondiale. Ce meurtrier en série aurait assassiné plus de 300 jeunes enfants, principalement des petites filles, à travers la Colombie, l’Équateur et le Pérou dans les années 1970-1980. Son parcours criminel, d’une ampleur presque inimaginable, a semé la terreur dans les communautés rurales d’Amérique du Sud. Ce qui rend son cas particulièrement troublant, au-delà du nombre effroyable de victimes, c’est sa libération controversée en 1998 et sa disparition actuelle qui suscite encore l’effroi. Des questions persistent : où se trouve-t-il aujourd’hui et a-t-il recommencé à tuer comme il l’avait promis ?
L’enfance traumatique qui a façonné un monstre
Né le 8 octobre 1948 à Venadillo, dans la région de Tolima en Colombie, Pedro Alonso López était le septième enfant d’une fratrie de treize. Son enfance s’est déroulée dans des conditions particulièrement sordides qui ont profondément marqué sa psyché. Sa mère travaillait comme prostituée dans leur maison d’une seule pièce, où un simple rideau séparait l’espace où elle recevait ses clients de celui où dormaient ses nombreux enfants.
Le basculement décisif survint vers l’âge de huit ans, lorsque sa mère le surprit en train d’essayer d’abuser sexuellement de sa sœur cadette. Cette découverte provoqua une réaction brutale : l’expulsion immédiate du foyer familial. Abandonné à son sort, le jeune Pedro devint un enfant des rues à Bogotá, confronté très tôt aux dangers de la vie urbaine.
De l’enfant victime à l’agresseur en devenir
Dans les rues hostiles de la capitale colombienne, le jeune López subit de multiples abus sexuels. Des hommes prétendant vouloir l’aider profitaient de sa vulnérabilité pour le violer. À douze ans, une lueur d’espoir survint lorsqu’un couple d’Américains décida de l’adopter, mais ce répit fut de courte durée. Il quitta précipitamment cette famille après avoir été agressé sexuellement par un professeur, replongeant dans la précarité.
Pour survivre dans cet environnement impitoyable, il apprit à manier les couteaux avec dextérité, commença à consommer de la drogue, notamment de la pâte de cocaïne base, et subsista grâce à de petits larcins. Il cambriolait des maisons et fouillait régulièrement les poubelles pour trouver de quoi se nourrir. Le traumatisme répété de son enfance brisée préparait le terrain à l’émergence d’une personnalité profondément perturbée.
De la prison à la naissance d’un tueur en série
À l’âge de 21 ans, Pedro Alonso López fut condamné à sept ans d’emprisonnement pour vol. Cette incarcération, loin de le réhabiliter, devint le creuset de sa transformation en tueur. En prison, il devint rapidement la cible d’agressions sexuelles répétées de la part d’autres détenus, perpétuant le cycle de violence qu’il subissait depuis son enfance.
Face à ces agressions, López finit par réagir avec une violence extrême : il tua trois de ses agresseurs en leur tranchant la gorge. Ce passage à l’acte constitua une révélation macabre pour lui. Il découvrit ce qu’il décrivit plus tard comme le « plaisir » de tuer, une sensation de puissance et de contrôle dont il n’avait jamais fait l’expérience auparavant.
Après sa libération, il se rendit au Pérou, plus précisément dans la région d’Ayacucho. C’est là qu’il commença à cibler spécifiquement des petites filles andines âgées de 8 à 12 ans, issues de communautés indigènes. Son mode opératoire était déjà parfaitement établi : il offrait des cadeaux à ces enfants pour gagner leur confiance, les attirait à l’écart des villages, puis passait à l’acte avec une froideur clinique qui allait devenir sa signature.

La traque sanglante à travers trois pays
Entre 1978 et 1980, López perfectionna sa méthode meurtrière à travers trois pays d’Amérique du Sud. Il attirait ses victimes en leur offrant de petits présents ou en leur promettant des cadeaux plus importants. Une fois isolées, il les violait sauvagement avant de les étrangler, déclarant plus tard qu’il prenait un plaisir particulier à « regarder la lumière sortir de leurs yeux » au moment de leur mort.
Sa déviance ne s’arrêtait pas au meurtre. López pratiquait également la nécrophilie sur les corps de ses victimes, prolongeant ainsi son sentiment de domination absolue. Il enterrait ensuite soigneusement les corps ou les dissimulait pour éviter d’être découvert, ce qui lui permit de poursuivre sa terrible mission pendant des années.
| Pays | Période | Nombre estimé de victimes | Profil des victimes |
|---|---|---|---|
| Pérou | Début des années 1970 | Environ 100 | Filles andines de 8-12 ans |
| Colombie | 1978-1980 | Plus de 100 | Filles de milieux défavorisés |
| Équateur | 1978-1980 | Plus de 100 | Principalement des filles indigènes |
López avait développé une préférence pour les victimes équatoriennes, qu’il considérait comme « plus dociles, plus confiantes et innocentes ». Il évitait délibérément ce qu’il appelait les « filles blanches », estimant que « leurs parents regardaient trop » et représentaient donc un risque accru pour ses activités criminelles. Cette sélection méthodique des victimes témoigne d’un calcul froid et stratégique derrière sa folie meurtrière.

Capture et confessions macabres
La première capture de Pedro Alonso López survint de façon inattendue. Des villageois d’Ayacucho au Pérou, suspectant sa responsabilité dans la disparition de plusieurs enfants, prirent la justice en main. Ils l’enterrèrent jusqu’au cou dans le sable et le recouvrirent de miel pour le faire dévorer par des fourmis. Cette exécution populaire fut interrompue par l’intervention d’une missionnaire américaine qui le sauva, ignorant l’ampleur des crimes qu’elle permettait ainsi de poursuivre.
Sa capture définitive intervint en 1980 à Ambato, en Équateur. Alors qu’il tentait d’enlever une fillette de 12 ans nommée Mari dans un supermarché, les cris désespérés de la mère alertèrent clients et employés qui parvinrent à le maîtriser. Face aux autorités, López maintint d’abord un silence obstiné sur ses crimes.
Les révélations insoutenables
C’est l’intervention d’un prêtre, Córdoba Gudino, qui permit de briser ce silence. López se confia à l’homme d’église, dévoilant des actes si atroces que même le religieux, pourtant habitué à entendre les pires confessions, ne put supporter le récit jusqu’au bout. Les détails sordides de sa violence sadique dépassaient l’entendement humain.
López guida ensuite les forces de l’ordre vers différents sites où ils découvrirent les restes de 74 petites filles âgées de 8 à 12 ans. Lors des interrogatoires, il justifia ses actes par son enfance traumatique, expliquant qu’ayant perdu son innocence à huit ans, il voulait faire subir le même sort à autant de jeunes filles que possible. Il parlait de ses victimes comme de « poupées » avec lesquelles il « conversait » après leur mort, révélant une dissociation profonde de la réalité.
Un criminel toujours en liberté
En 1980, López fut condamné à 16 ans de prison en Équateur, la peine maximale prévue par la législation de l’époque. Après avoir purgé sa peine jusqu’en 1994, il fut extradé vers la Colombie pour y être jugé pour d’autres crimes. C’est là qu’intervint une décision judiciaire incompréhensible : un magistrat colombien le déclara « fou » et donc pénalement irresponsable.
Cette décision conduisit à son internement dans un hôpital psychiatrique pour seulement quatre ans. En 1998, dans une libération aussi controversée que celles d’autres tueurs en série tristement célèbres, il fut remis en liberté moyennant une caution dérisoire de 50 dollars, assorti d’obligations de suivi psychiatrique qu’il ne respecta jamais.
Avant sa libération, López avait prononcé ces paroles glaçantes : « Le moment de la mort est excitant. Un jour, quand je serai libre, je ressentirai à nouveau ce moment. Je serais content de tuer à nouveau. C’est ma mission. » Cette déclaration, qui aurait dû alerter les autorités sur le danger imminent qu’il représentait, n’empêcha pourtant pas sa remise en liberté.
- En 2012, une mineure fut retrouvée égorgée à Tunja (Colombie) selon un mode opératoire similaire à celui de López
- En 2022, Interpol a émis un mandat de recherche international contre lui, suite à des similitudes troublantes avec le meurtre d’un enfant à El Espinal
- Des rumeurs non confirmées suggèrent qu’il pourrait avoir commis d’autres crimes depuis sa libération
- Sa mère a déclaré être convaincue qu’il est toujours en vie, n’ayant pas ressenti sa « présence » comme pour ses autres enfants décédés
L’affaire Pedro Alonso López soulève de profondes questions sur les failles des systèmes judiciaires en Amérique du Sud, la protection insuffisante des enfants vulnérables et les limites de notre compréhension de la psychologie criminelle. Avec un bilan estimé à plus de 300 victimes, il pourrait être le tueur en série le plus prolifique de l’histoire moderne, dépassant même Harold Shipman et ses 235 victimes confirmées.