Le surnommé « Fils de Sam » a terrorisé New York en 1976-1977, marquant l’histoire criminelle par ses meurtres méthodiques.
- David Berkowitz a perpétré une série d’attaques sanglantes dans trois quartiers, faisant 6 morts et 7 blessés avec son revolver .44
- Sa communication troublante avec les autorités et les médias amplifiait la terreur collective, notamment par ses lettres signées « Monsieur Monstre » puis « Fils de Sam »
- Arrêté en août 1977 suite à une simple contravention, il fut condamné à 365 ans de prison
- Converti au christianisme en 1987, il adopta le surnom de « Fils de l’Espoir » mais vit ses demandes de libération systématiquement rejetées
David Berkowitz, surnommé « Fils de Sam », a semé la terreur à New York entre 1976 et 1977. Ses crimes ont fait 6 morts et 7 blessés, marquant l’histoire criminelle américaine. Ce tueur en série au revolver .44 intéressait les médias par sa correspondance troublante avec les autorités. L’affaire Berkowitz continue d’alimenter la culture populaire et suscite encore aujourd’hui un vif intérêt du public, comme d’autres tueurs en série qui ont terrorisé leurs pays avec des méthodes tout aussi glaçantes.
Les meurtres qui ont terrorisé New York
Entre juillet 1976 et juillet 1977, David Berkowitz a perpétré une série d’attaques sanglantes dans les quartiers du Bronx, Queens et Brooklyn. Armé d’un revolver Charter Arms Bulldog de calibre .44, il ciblait principalement des couples dans leurs voitures et des jeunes femmes aux longs cheveux bruns.
Sa première victime, Donna Lauria, 18 ans, fut tuée le 29 juillet 1976 dans le Bronx. Sa compagne Jody Valenti, 19 ans, survécut malgré ses blessures. Cette première attaque marqua le début d’une série de crimes violents qui s’intensifia durant l’année suivante.
Chronologie des attaques meurtrières
- 29 juillet 1976 (Bronx) : Donna Lauria (tuée) et Jody Valenti (blessée)
- 23 octobre 1976 (Queens) : Carl Denaro (blessé) et Rosemary Keenan (indemne)
- 27 novembre 1976 (Queens) : Donna DeMasi et Joanne Lomino (devenue paraplégique)
- 30 janvier 1977 (Queens) : Christine Freund (tuée) et John Diel (survécu)
- 8 mars 1977 (Queens) : Virginia Voskerichian (tuée)
- 17 avril 1977 (Bronx) : Alexander Esau et Valentina Suriani (tous deux tués)
- 26 juin 1977 (Queens) : Salvatore Lupo et Judy Placido (blessés)
- 31 juillet 1977 (Brooklyn) : Stacy Moskowitz (tuée) et Robert Violante (devenu presque aveugle)
La peur était si forte que certaines femmes brunes se sont teintes en blond pour éviter d’être ciblées. Cette terreur pesait lourd sur les rues newyorkaises. L’escalade rapide des attaques, de plus en plus rapprochées, intensifiait l’angoisse collective.
Le tueur qui entendait des voix sataniques
Berkowitz prétendait initialement obéir à des voix démoniaques transmises par le chien noir labrador de son voisin Sam Carr. Cette histoire de soothsaying canin fut largement médiatisée, nourrissant l’image d’un tueur guidé par des forces occultes. Pourtant, dans un entretien avec le profileur Robert Ressler, il admit avoir inventé ce récit monolithic pour plaider la folie.
Les motivations véritables du « Fils de Sam » résidaient dans une frustration sexuelle profonde et une haine tenace envers les femmes. Excité par ses propres crimes, il se masturbait après avoir tué ou blessé ses victimes. Ses pulsions violentes s’accompagnaient d’un désir maladif de célébrité.
Son passé de pyromane, avec environ 1500 incendies criminels allumés avant ses meurtres, révélait déjà des tendances psychopathiques. Cette progression du feu vers le sang illustre l’escalade classique observée chez certains criminels violents.
La psychologie d’un prédateur
Berkowitz suivait avidement la couverture médiatique de ses crimes. Cette attention médiatique nourrissait son ego malade et renforçait son sentiment de puissance. Il jouissait de la terreur qu’il inspirait, transformant New York en une ville froide de peur chaque nuit.
Bien que trois psychiatres l’aient jugé inapte à être jugé, le Dr David Abrahamsen le considérait comme sain d’esprit. Cette contradiction experte illustre la complexité de son profil psychologique, mêlant conscience de ses actes et pulsions incontrôlables dans un cocktail psych-doom inquiétant.

Communication avec les autorités et médias
Après le double meurtre du 17 avril 1977, Berkowitz franchit une nouvelle étape en déposant une lettre adressée au capitaine Joe Borrelli. Signée « Monsieur Monstre », cette missive dévoilait son désir d’attention et sa jouissance face à la terreur provoquée.
Le 30 mai 1977, il poussa plus loin sa communication en écrivant au journaliste Jimmy Breslin du New York Daily News. Cette lettre, signée pour la première fois « Fils de Sam », devint emblématique de son rapport aux médias. Il y écrivait vouloir « honorer son père » par ses meurtres.
| Date | Destinataire | Signature | Éléments marquants |
|---|---|---|---|
| 17 avril 1977 | Capitaine Joe Borrelli | Monsieur Monstre | Première communication formelle avec les autorités |
| 30 mai 1977 | Jimmy Breslin (NY Daily News) | Fils de Sam | Première utilisation du surnom « Fils de Sam » |
Ces lettres, rendues publiques par les médias, amplifiaient la peur collective tout en nourrissant l’ego sensuel du tueur. Sa communication morbide avec la presse ajoutait une dimension spectaculaire à ses crimes, créant un effet de mise en scène macabre qui attirait autant qu’elle terrorisait.

Arrestation et procès du « Fils de Sam »
Le 10 août 1977, la traque prit fin devant le domicile de Berkowitz au 35 Pine Street à Yonkers. Une simple contravention pour stationnement illégal près du lieu du dernier meurtre avait mis les enquêteurs sur sa piste. À son arrestation, il lança avec un calme déconcertant : « Vous m’avez eu. Pourquoi avez-vous mis tout ce temps ? »
Les preuves contre lui étaient accablantes. Son arme, retrouvée dans sa voiture, correspondait aux balles extraites des victimes. Les lettres manuscrites adressées aux autorités confirmaient son identité de « Fils de Sam ».
- En mai 1978, il plaida coupable pour tous les meurtres, évitant un long procès médiatique
- Le 13 juin 1978, il fut condamné à six peines consécutives de 25 ans, soit 365 ans de prison
Malgré les évaluations psychiatriques contradictoires, la justice détermina qu’il était responsable de ses actes. Ce procès rapide offrit peu de réponses aux familles des victimes, mais mit fin à une ère de terreur pour New York.
De « Fils de Sam » à « Fils de l’Espoir » : l’évolution en prison
En 1979, Berkowitz faillit perdre la vie quand un détenu lui ouvra la gorge avec une lame. Cet incident marqua le début d’une transformation intérieure. En 1987, ce tueur froid se convertit au christianisme évangélique, adoptant le nouveau surnom de « Fils de l’Espoir ».
Depuis 2002, il a formulé douze demandes de libération conditionnelle, toutes refusées, la dernière en mai 2024. Lors d’une interview accordée à CBS en 2017, il exprima des remords pour ses crimes, bien que beaucoup doutent de sa sincérité.
En 1993, il affirma avoir fait partie d’un culte satanique et n’avoir personnellement tué que trois des victimes. Cette théorie, popularisée par le journaliste Maury Terry, fut largement rejetée par les experts criminels qui y voyaient une simple tentative d’attirer l’attention.
Son ancien comportement de pyromane et ses crimes en série continuent de enchanter les psychologues. Ce passage de tueur à détenu repenti illustre la complexité de la psyché criminelle, même si la sincérité de sa transformation reste sujette à caution.